Le CDO, un véritable chef d’orchestre pour la valorisation des données

Le CDO, un véritable chef d’orchestre pour la valorisation des données

La transformation digitale des entreprises bouleverse profondément notre société, et le Big Data apporte des données riches et variées. Ces données peuvent porter sur de potentiels clients, des futures recrues, des clients actuels. Depuis peu un nouveau rôle est apparu dans les organisations : celui de Chief Data Officer (CDO)

La prise de conscience par l’entreprise de ce phénomène implique une nouvelle organisation, où l’on collectera, qualifiera, traitera, et exploitera les données. La démultiplication des occasions de collecte et la diversification des formats de données (IoT, vidéos, …) font de la donnée une nouvelle ressource au sein des entreprises.

Le rôle et la place du Chief Data Officer (CDO) sont primordiaux

Pour accompagner ce déferlement de données, une nouvelle fonction vient trouver sa place au sein des entreprises : le Chief Data Officer (CDO). Auparavant, certaines tâches prises en charge par le CDO étaient du ressort de l’équipe informatique ou encore du marketing. Désormais, le CDO permet de tisser des liens entre les équipes informatiques et les équipes Métiers. Sa mission est transverse puisqu’il travaille aussi bien avec le contrôleur de gestion, le DSI, le directeur des opérations, les data scientists ou encore les analystes web. Le CDO est souvent placé au sein des directions Digital ou Transformation, alors qu’auparavant, s’il existait, il se trouvait plutôt parmi les directions Finance et Risques. L’approche « data first » est son credo pour développer une vision adossée aux objectifs stratégiques de la Direction, et déployer les outils de pilotage auprès des différents départements de manière transverse. Finalement, le CDO considère la donnée comme un actif de l’entreprise.
Le Chief Data Officer est responsable de mettre à disposition de chacun dans l’entreprise les informations nécessaires à son travail et ce, de manière sécurisée. Il peut par exemple aider au choix d’une plateforme ou d’un logiciel de BI pour que chacun puisse mener des analyses de données en toute autonomie. Il est aussi garant de la fiabilité, de la richesse, de la fraîcheur, de la qualité et de la cohérence des données stockées. Selon une étude menée par DataGalaxy en avril 2018 auprès de CDO(1), les missions principales des CDO peuvent être :

  • D’assurer la qualité et la fiabilité des données
  • De piloter l’usage de la donnée au quotidien
  • D’organiser la stratégie de collecte des données
  • D’assurer la conformité réglementaire liée aux données
  • D’assurer et organiser l’accès aux données
  • De cartographier la donnée
  • De mettre en place des politiques data-driven
  • De déployer une politique de sécurité des données

 

Cette étude nous montre par ailleurs que le rôle du CDO est plus large car il peut aussi s’occuper du lien entre la gouvernance des données et la culture data de l’entreprise via :

  • L’animation de la gouvernance et la culture data
  • Le déploiement d’une stratégie de gouvernance des données
  • L’accompagnement de la transformation digitale de l’entreprise
  • La nécessité de trouver de nouveaux usages aux données de l’entreprise
  • Le besoin de redonner confiance aux utilisateurs internes dans les données de l’entreprise

 

Attention, ne pas confondre le Chief Data Officer (CDO) et le Data Protection Officer (DPO), qui, lui, est chargé de la conformité des données au sein de l’entreprise. Il informe, conseille et contrôle l’application des textes légaux (comme l’application du RGPD par exemple), main dans la main avec le Responsable de la Sécurité des Systèmes d’lnformation (RSSI). Le DPO, c’est plutôt le Chef D’Orchestre de la mise en conformité.

Les enjeux d’un CDO sont essentiels pour une entreprise

Nommer un CDO et légitimer son rôle dans l’entreprise est crucial aujourd’hui. En effet, ce dernier est responsable de l’ensemble de la donnée présente dans l’entreprise, ce qui n’est pas toujours une tâche aisée. En effet, la donnée peut être volatile et incertaine, compte tenu de la transversalité de la fonction, mais également des multiples usages d’une même donnée. Le CDO suit la stratégie de l’entreprise et pilote ainsi la donnée en mettant en place les moyens et les équipes nécessaires ; et souvent de manière transverse. Il va permettre de créer des synergies, favoriser les interactions entre les différents départements, voire même parfois silos.
Afin d’avoir une pertinence optimale, il a besoin d’un fort sponsorship de la part du Comité de Direction ; ce qui lui permet aussi d’avoir plus de poids pour insuffler une culture data-driven auprès de l’ensemble des collaborateurs. Le métier de CDO est transverse et l’humain reste un facteur clé de succès prédominant.

Pour aller plus loin
Pour remporter l’adhésion des collaborateurs, ceux-ci doivent se sentir rassurés et en confiance avec la donnée. La nouvelle culture intégrant la data doit ainsi être une transformation maîtrisée pour que les collaborateurs l’acceptent et l’adoptent aussi. Le CDO peut s’appuyer sur des animations ou des organisations pour réussir, comme par exemple :

• Créer des « rewards » : promotions internes, gratifications, …
• Animer des « serious games »
• Travailler en open innovation pour laisser place à de nouvelles solutions innovantes
• Avoir des équipes pluri-disciplinaires qui travaillent ensemble de manière collaborative

 

Quels sont les risques actuels liés à cette fonction?

Pour une bonne intégration et acceptation de la part des collaborateurs, le CDO doit tenir compte de la culture déjà existante dans l’entreprise. Or, certains collaborateurs peuvent être réticents à partager la donnée, car ils se considèrent propriétaires de celle-ci. La fonction étant nouvelle, le CDO doit trouver sa place au sein de l’organisation. Par ailleurs, la nouveauté de la fonction apporte aussi diverses interprétations du poste, notamment en fonction du secteur, de l’environnement ou de l’organisation déjà établie.
Les organisations existantes des entreprises accueillent progressivement cette nouvelle fonction ; mais, il est important de ne pas considérer ce rôle comme l’énième ajout d’une nouvelle entité superflue, alors qu’il peut déjà être difficile de s’y retrouver. Ainsi, il semble clé de démontrer la valeur du CDO, de lui fixer des objectifs stratégiques clairs, atteignables et apporteurs de gains. Attention, cela peut s’avérer chronophage car les données touchent toutes les branches de l’entreprise, des silos peuvent exister et les données sont parfois peu qualitatives ou morcelées.

Le rôle du CDO sera certainement amené à évoluer dans les entreprises. Sa mission première reste de s’occuper de la gouvernance des données. Mais, au fil de l’avancée de ses missions, il sera probablement davantage en charge de la valorisation des données, directement liées à des enjeux  stratégiques et business.

Sources :
(1) Etude DataGalaxy, avril 2018
Sondage EBG, juin-juillet 2017
Article Solutions Numériques, juillet 2018 : témoignage « Eviter de sursolliciter les clients : Engie passe à l’orchestration omnicanale »

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